Saltasia | Un fantastique univers de sel
Omotesando est le centre névralgique des nouvelles tendances à Tokyo. Dans ce quartier, vient d’ouvrir un nouvel établissement, qui, sous un véritable point de vue médical, se pose comme support à la beauté féminine et à la santé. « Cet établissement n’est pas un salon de beauté. Il serait plus judicieux de le voir comme un salon où l’on donne des soins de médicine préventive. Il est important d’améliorer le métabolisme et le système immunitaire en réchauffant le corps de l’intérieur. C'est-à-dire que si les fondations sont saines, le corps humain devient naturellement plus beau et son vieillissement ralenti » affirme Mademoiselle Ida, manager de l’établissement. « Si le corps est refroidi, en plus des nombreux maux qu’il en ressort sur le métabolisme, la pensée et l’humeur sont également au plus bas.
Le design de l’établissement fut confié à Horiki Eriko, décoratrice d’intérieur mondialement reconnue pour ses intérieur en papier japonais. L’ensemble est dans les tons blancs, luxueux, simple et très stylé, et, des murs couverts de papier japonais ainsi que du doux éclairage, émane une délicieuse chaleur. Sur les murs extérieurs, ainsi que sur ceux de la réception et des « studios », sont installés des carreaux hexagonaux en sel. Il semble que ce soit une première mondiale que de voir le sel utilisé pour l’architecture. Depuis des temps immémoriaux, les japonais utilisent le sel comme instrument de purification. L’effet produit par les « studios de sel », d’un style nouveau qui combine l’antique utilisation purificatrice du sel et des technologies de pointe, est des plus intéressant.
Lorsque l’on pénètre dans l’un des “studios de sel”, dont la température s’élève à 41°C, pour un taux d’humidité de 45%, dont les murs, le sol, et le plafond sont complètement recouverts de carreaux blancs hexagonaux en sel, il nous semble faire un pas dans un espace futuriste, on a l’impression de se trouver au fond de la mer, matrice de la Vie. Une subtile odeur de sel minéral flotte dans l’air, et si l’on inspire profondément, un léger goût salé se fait sentir dans la gorge. Dès le début des soins, s’allument des diodes lumineuses placées derrière les carreaux de sel, diffusant une onirique lumière dont les couleurs changent au fil du programme. Aussi, est diffusée une calme musique apaisante pour libérer le corps de tout stress. Durant une séance de 50 minutes, on ferme les yeux, on s’allonge, on fait des étirements, du yoga, ainsi, en 5 à 10 minutes, on commence à suer, ensuite la sueur se fait incroyablement abondante, mais pourtant, à la fin du programme, on se sent l’esprit rafraîchis. En un court lapse de temps, l’Homme moderne débordé peut faire le vide dans son corps et son esprit, en résumé, Saltasia est un lieu novateur où se relaxer en un moment de méditation.
Passons désormais au reportage de la norvégienne de notre équipe, qui fut la première étrangère à faire l’expérience des « studios de sel » Saltasia.
Purification du corps et de l’esprit
Hanne Kawana
Je me tenais devant l’entrée de Saltasia, et j’avais l’impression d’entrer dans une autre dimension. Les lisses cristaux sur les murs sont d’un blanc presque aveuglant. Ne pouvant croire que les murs étaient vraiment faits de sel, il me fallait vérifier. J’ai alors passé un doigt sur un mur, et le portant à mes lèvres, mon doigt avait effectivement un goût salé. A l’intérieur, les murs étaient de la même façon en sel, décorés d’un délicat papier japonais. Nous avons rencontré la manager de l’établissement, Ida Noe, qui était vêtue d’un uniforme blanc, comme une infirmière, et qui nous a expliqué que Saltasia était plus qu’un salon de beauté, et était un lieu où l’on procure des soins au caractère presque médical. D’après les employés, on vérifie la pression sanguine, le pouls, la circulation sanguine, le taux de graisse du corps, le taux de muscle, l’indice de masse corporelle, la température et l’hydratation de la peau des clients. Après une rapide présentation de l’établissement, nous fûmes introduites dans une cabine pour nous changer et mettre la tenue spéciale pour le « studio de sel ». Comme l’ensemble de l’établissement, la cabine était élégamment décorée, il y avait des fleurs et flottait de délicates odeurs. Le design est poussé à l’extrême puisque même les toilettes sont raffinées et équipés de manière hi-tech. Les cabines étant individuelles, ont se sent quelqu’un d’important, on est traité comme une actrice ou une célébrité.
Lorsque je suis entrée dans le « studio », où règne une agréable chaleur, et où tout est fait de sel du sol au plafond, des lumières violettes se sont allumées. Bien que très compact, cet intérieur est très agréable. Dans un premier temps, dans le but de nous réchauffer, on nous a fait asseoir sur des fauteuils en sel. Ensuite, je me suis couchée, posant la tête sur un oreiller de sel. Dans une pièce à 41°C avec un taux d’humidité de 45%, on commence à suer abondamment en quelques minutes. D’après Mlle Ida, les soins sont procurés par le biais de l’effet hypnotique de la chambre et par les lumières qui varient en fonction de la musique relaxante. Aussi, elle nous a expliqué que d’un point de vue curatif, le corps et l’esprit étaient étroitement liés, et que si ces deux éléments se trouvaient en harmonie, cela avait un effet positif sur la beauté de la peau. « Avec un harmonieux traitement par le sel, le corps se détend, se libère des toxines, et on peut alors être en contact avec son corps de l’intérieur. C’est un dialogue avec soi-même, le traitement purifie le corps comme l’esprit », nous dit Mlle Ida en quittant la pièce pour que nous puissions profiter au mieux de l’expérience.
Allongée, mon corps se réchauffait progressivement, et avec la sueur qui s’échappait de tout mon corps, il me semblait me défaire de toutes les mauvaises influences. La combinaison de musique et de lumière m’invitait au sommeil, mais ne voulant rien rater de ce merveilleux spectacle, je me suis efforcée de ne pas dormir. Ces lumières passaient d’un rouge étincellent à un chaleureux orange, d’un jaune vif à un vert rafraîchissant, d’un bleu salvateur à un violet ardent, et passait à un blanc scintillant. C’est la « palette des couleurs des shakras ». Les teintes dansaient sur les murs, il me semblait me trouver au beau milieu d’un arc-en-ciel. La musique de style indienne, avait sur moi un effet relaxant presque soporifique.
En repensant à ces 30 minutes de traitement, il ne me reste comme souvenir que d’avoir fait le vide en moi, d’avoir vu ma respiration s’apaiser, d’être bercée par la musique, et l’émerveillement devant les couleurs. A la fin de la séance, je suais à grosses gouttes, et ma tenue était trempée. La première gorgée d’eau était comme le plus formidable des champagnes doux, elle coulait dans mon corps jusque dans mon estomac en chatouillant ma gorge et mon œsophage. Sous une douche froide, j’ai pris conscience que ma peau était devenue douce comme du velours. Aussi, je sentais que ma respiration et les battements de mon cœur étaient en parfaite harmonie. Après avoir quitter l’établissement, je ressentais une impression de pureté et de fraîcheur que je n’avais jamais éprouvée auparavant. C’était un sentiment de bonheur, comme saisie d’une douce sensation rien qu’au plus légère souffle de vent caressant ma peau.












